mardi 14 août 2012

Léonard Andjembe : « Qu’une portion de la classe politique annonce la tenue d’une conférence nationale relève du folklore politique »


On croyait le débat clos. Mais c'est mal connaître les responsables de l'ex-UN qui, malgré les positions des plus hautes autorités du pays, plutôt contre l'idée, persistent dans leur appel à la tenue d'une nouvelle conférence nationale dans notre pays. D'où notre initiative de solliciter, l'un des principaux artisans de la conférence nationale de 1990, Léonard Andjembe, par ailleurs 1er Vice-président du Sénat. Dans les lignes qui suivent, et sur la base de nos interrogations, cet homme d'expérience fait, arguments objectifs à l'appui, le tour de la question. Lecture.


L'Union : Monsieur le 1er Vice-président du Sénat, par ailleurs coordonnateur des conseillers du président du PDG, vous avez été l’un des acteurs de la conférence nationale de 1990 qui fut un moment important de la vie politique de notre pays. A ce jour, une partie de l’opposition, notamment les responsables de l'ex-UN, réclame la tenue d’une nouvelle conférence nationale. Au regard de votre expérience quelle appréciation faites-vous de cette initiative ?

Léonard ANDJEMBE : Je pense en effet qu’il y a matière à débat avec nos compatriotes afin que les Gabonais ne soient pas abusés outre mesure. Un tel débat je l’avoue m’interpelle personnellement en tant que citoyen mais aussi en tant que militant du Parti démocratique gabonais (PDG). Cela dit, il faut d’abord nous entendre sur le concept même de “conférence nationale“. A mon sens, la conférence nationale comme forum est la sanction d’un moment historique d’une importance particulière dans la vie d’une Nation. Elle ne saurait donc se justifier que lorsqu’à une période donnée de son histoire, un pays fait face à un enjeu majeur, à une crise que je qualifierai de structurelle et dont on estime que la résolution détermine des choix décisifs et commande des mutations essentielles dans l’organisation sociale et politique.

Par rapport à votre définition, quel statut donnez-vous à la conférence nationale de 1990 dans notre pays ?

L’année 1990 a précisément constitué pour le Gabon un tournant historique. Notre pays s’était enlisé vingt-cinq ans durant dans un monopartisme devenu obsolète. En dépit ou à cause des acquis importants qui ont permis au Gabon de sortir de l’archaïsme colonial, les Gabonais avaient soif de liberté et le faisaient savoir plus ou moins ouvertement. Par ailleurs, le contexte international avait radicalement changé avec l’écroulement du mur de Berlin, l’émancipation des peuples de l’Europe de l’Est et la disparition de l’Empire soviétique. Le parti unique était devenu, il faut le reconnaître, un boulet de canon que la Nation ne pouvait traîner plus avant sans s’enliser dans une longue fracture interne et voir se détériorer gravement son image aux yeux de la Communauté internationale. Ce contexte très particulier a parfaitement justifié la tenue d’une conférence nationale dans notre pays. Quel bilan faire du passé ? Sous quelle forme instaurer le pluralisme politique ? Selon quel rythme ? Quelles institutions mettre en place ? Ces grandes questions nécessitaient en effet des réponses communes, des solutions consensuelles.

Alors, qu’est-ce qui, selon vous, pourrait justifier la tenue d’une conférence nationale aujourd'hui ?

C’est plutôt aux promoteurs de l’idée que la question mériterait d’être posée. Mais rassurez-vous, j’ai pris le soin de lire, dans un journal local, le discours que délivre M. André Mba Obame et ses amis à leurs partisans sur cette question. Je dois avouer que je suis resté sur ma faim. Dans ce réquisitoire où se mêlent l’autoglorification et l’imprécation gratuite, il n’y a rien de sérieux qui puisse être considéré comme une justification de son appel à la tenue d’une conférence nationale. Ou alors on ne sait pas de quoi on parle.

J’ai eu le privilège, voyez-vous, de prendre part à la conférence nationale de 1990, puis aux Accords de Paris en 1994 qui n’en furent que le prolongement. J’ai assisté à la plupart des réunions de concertation entre la majorité et l’opposition ici à Libreville. Je puis vous assurer d’une chose : aucune de ces réunions n’a pu se tenir sans que l’ensemble des forces politiques de notre pays ne se soit au préalable accordé sur au moins trois choses : l’opportunité de la rencontre, le cadre général des discutions et les grands objectifs poursuivis.

A titre d’exemple, la conférence nationale fut, dans ses prémisses tout au moins, le fruit de longues et laborieuses négociations entre les deux principales forces politiques du moment, à savoir le Parti démocratique gabonais, sous la conduite directe d’Omar Bongo Ondimba et le Morena de Paris alors dirigé par le Père Paul MBA Abessole. Les Accords de Paris, quant à eux, ne purent avoir lieu que suite aux pré-négociations qui se sont tenues, des mois durant à Libreville. Ce sont là les enseignements fondamentaux de notre histoire récente. Qu’une portion de la classe politique se lève, proclame l’existence d’une crise et annonce à cor et à cri la tenue d’une conférence nationale, cela relève davantage du folklore politique. Il n’y a pas de conférence nationale envisageable sans enjeu national reconnu comme tel par tous. Tout comme il n’y a pas de conférence nationale envisageable en dehors d’une volonté communément exprimée par l’ensemble des forces politiques et sociales représentatives de la nation.

Mais vous savez que d’une certaine manière André Mba Obame et ses amis de l'ex-UN justifient l’appel à la tenue d’une conférence nationale par ce qu'ils qualifient de “coup d’Etat électoral“ qui aurait privé Mba Obame de victoire, en 2009.

C’est précisément ce qui est mis en avant, à en croire une certaine presse. Mais vous savez, ce mythe du “coup d’Etat électoral“ qui aurait privé le candidat André Mba Obame de victoire à l’élection présidentielle de 2009 ne fait plus recette. On ne va pas continuer de la sorte à divertir les Gabonais. Mon opinion sur cette question est connue. Et puisqu’on nous pose les mêmes problèmes, nous apportons les mêmes réponses. Et c’est aux Gabonais de juger. La vérité c’est que rien, dans le contexte précis de la présidentielle d’août 2009, ne prédisposait André Mba Obame, candidat indépendant, sans base militante ni présence réelle sur le terrain, à devancer mathématiquement Ali Bongo Ondimba et feu Pierre Mamboundou soutenus, eux, par deux appareils éprouvés. La seule attestation de cette victoire serait venue d’un documentaire sulfureux fabriqué en France. C’est trop léger. Pour nous, cette revendication relève de la malice politique, si ce n’est de l’imposture pure et simple.

D’aucuns estiment que les changements politiques intervenus en France sont pour quelque chose dans cette agitation de l’opposition. Etes-vous de cet avis ?

Cela n’a rien de nouveau. A chaque fois que les socialistes arrivent au pouvoir en France, une partie de l’opposition gabonaise s’agite et croit son heure venue. Ainsi, le parti socialiste ferait partie des contacts étrangers dont se vante André Mba Obame. La France, prétend-il, fait partie du problème gabonais. L’opposition gabonaise se livre ainsi à une cour assidue aux nouvelles autorités françaises. Mais impliquer aussi grossièrement un gouvernement étranger dans nos affaires domestiques, me paraît relever du pur amateurisme politique. Car entre nous, je ne suis pas sûr que cela plaise forcement du côté de l’Hexagone. Ce d’autant plus que je doute fort qu’il y ait quelque valeur commune entre le Parti socialiste, un parti de gauche, et la frange conservatrice de l’opposition gabonaise que représente André Mba Obame et les siens.

Monsieur le Vice-président, c'est à vous de conclure cet entretien...

Pendant plus de vingt ans, nous n’avons fait que la politique, avec souvent les mêmes acteurs aux affaires dont les actuels pourfendeurs du pouvoir. Nous avons pour ainsi dire oublié le développement. Avec Ali Bongo Ondimba, les Gabonais découvrent que l’on peut faire la politique tout en construisant le pays au quotidien. Bien sûr, rien n’est parfait en raison du passif accumulé. Mais Ali Bongo Ondimba s’est fixé un objectif stratégique : l’émergence. Et il se donne visiblement les moyens d’y parvenir. Les grandes infrastructures structurantes sont en cours de réalisation : routes, ponts, barrages, zones économiques et ce à un rythme jamais connu dans ce pays, il faut l’avouer. Le Gabon a renoué avec des taux de croissance positifs. Nos institutions politiques qui ont démontré leur solidité pendant la délicate période de transition consécutive à la disparition de l’ancien président de la République, fonctionnent correctement. Parler, dans ce contexte, de conférence nationale n’est, à mes yeux, que pure diversion.


Propos recueillis par :
O'. N.
Libreville/Gabon


vendredi 13 juillet 2012

L' " e-éducation " une première au Gabon !

Une innovation majeure pour l'éducation, et un grand pas vers la domestication des Technologies de l'Information et la Communication au Gabon !

Le Ministre de l’Education Nationale, Séraphin Moundounga, a inauguré le 29 juin la première salle de classe numérique du Gabon au Complexe Basile Ondimba à Libreville.

Cette nouvelle classe numérique, qui permettra d’améliorer la qualité des enseignements, est la première d’une longue lignée. En effet, une cinquantaine de classes numériques pilotes verront le jour dès 2013, à raison de cinq classes par académie provinciale.

« La dynamique ouverte par l’inauguration de la salle de classe numérique du complexe Basile Ondimba va se poursuivre dans toutes les localités du pays, afin d’offrir les mêmes chances à tous les élèves gabonais », a expliqué le Ministre de l’Education Nationale.

Réalisées par l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF) et l’entreprise portugaise JP Sá Couto, ces salles de classe seront écologiques puisqu’elles fonctionneront à l’énergie solaire.

L’ouverture de cette salle de classe numérique, qui vient matérialiser l’une des recommandations des Etats Généraux de l’Education de mai 2010, a été saluée par la présence du Ministre de l’Economie Numérique, de la Communication et de la Poste, Blaise Louembé, et du Directeur général de l’ANINF, Alex Bernard Bongo Ondimba.

Source : http://www.gabon-services.com/l-actualite/toute-l-actualite/l-e-education-arrive-au-gabon

jeudi 12 juillet 2012

Le Grand Prix de bateaux à moteur organisé pour la première fois en Afrique !


Libreville accueille du 12 au 14 juillet la première compétition internationale motonautique
"Class 1 offshore" et se propulse ainsi au rang des pays membres de l'Union Internationale Motonautique (UIM).


vendredi 6 juillet 2012

Alain-Claude Bilie-By-Nze revient sur la venue du Président gabonais Ali Bongo Ondimba en France





Le Porte-parole de la Présidence, Alain-Claude Bilie-By-Nze, revient sur la première rencontre officielle du 5 juillet, entre le Président Ali Bongo Ondimba et son homologue François Hollande. Au menu de l'entretien, la coopération franco-gabonaise au travers des partenariats économiques existants entre les deux pays, ou encore la sécurité du continent africain, notamment la situation au Mali. 

mercredi 4 juillet 2012

Bruno Ben Moubamba Perd Son Procès contre l'Agence Française de Presse


Monsieur Bruno Ben Moubamba vient de perdre son procès contre l'Agence Française de Presse contre laquelle il avait formulé de graves accusations en lui prêtant notamment des accointances avec le pouvoir en place au Gabon.

M. Moubamba avait en effet tenu des propos qualifiés d'injurieux à l'adresse de l'AFP, dédoublés de diffamation. Il affirmait hors de tout doute que l'AFP était une officine de la Franceafrique, que Monsieur Patrick Fort, correspondant de l'AFP au Gabon, avait reçu des instructions de maître Robert Bourgi afin de "truquer" l'élection présidentielle gabonaise et discréditer l'opposition au yeux de l'opinion internationale.

Patrick Fort fut par la suite approché par des sbires de M. Moubamba pour retirer sa plainte. Ce dernier était d'accord, à condition que M. Moubamba se rétracte sur ses propos, ce qu'il refusa. Par la suite Monsieur Fort fut menacé de mort, lui, sa famille et ses enfants...

Monsieur Bruno Ben Moubamba a été condamné a verser 1 euro à l'AFP et un montant de 800 Euros au titre des dommages et intérêts  au profit de l'Etat français, ce qui prouve qu'il y a eu infraction et oblige M. Moubamba à  rembourser la somme de 1500 Euros de frais d'avocat de l'AFP. Il a 10 jours pour interjeter appel.

mercredi 27 juin 2012

Tolérance zéro pour les crimes contre la faune





"Bagdad" au Bai de Langoué, Parc national d'Ivindo, Gabon, baptisé ainsi par les chercheurs du WCS en raison du trou laissé par une balle sur l'oreille droite. Un éléphant mâle majestueux, qui doit lever la tête pour marcher du fait des longues défenses touchant le sol. Peu de mâles comme celui-ci existent aujourd'hui en Afrique et la plupart vivent dans le Parc national d'Ivindo. Photo : Mitch Eaton.


Libreville, 27 juin 2012 : Le Président Ali Bongo Ondimba procède ce jour à la destruction de stocks d'ivoire illégal confisqué et annonce que son gouvernement va désormais appliquer la tolérance zéro pour les crimes contre la faune.
Il y a vingt ans, une vague de braconnage pour l'ivoire a balayé l'Afrique, tuant la moitié des éléphants du continent avant que la communauté internationale ne réagisse pour interdire le commerce international de l'ivoire.

Les crimes sur la faune ont pris des proportions inquiétantes ces derniers jours à travers l'Afrique. Plus que jamais, la survie de l'éléphant quelque soit l’endroit, est sur la balance. Dans certains pays, une guerre meurtrière est menée au quotidien contre la faune et le personnel des parcs nationaux, cible de bandes armées qui sont prêtes à tuer pour obtenir de l'ivoire et la corne de rhinocéros.
Le prix de l'ivoire commercialisé illégalement et la corne de rhinocéros ont augmenté de façon exponentielle. Aujourd'hui, les syndicats du crime impliqués dans le trafic d’armes, de drogues et d’êtres humains s’intéressent également à l'ivoire et la corne de rhinocéros. Les actions au cours de la décennie à venir vont déterminer si ces espèces emblématiques survivront.

Le Gabon détient 13% des forêts tropicales du continent africain, mais est aujourd'hui le refuge de plus de la moitié des éléphants de forêt d'Afrique (1), avec une population estimée à environ 50 000 individus. La population d'éléphants du Gabon est restée relativement stable mais, ces deux dernières années, des massacres importants ont été découverts par le personnel de l'Agence Nationale des Parcs Nationaux du Gabon :
En avril 2011, le personnel des parcs a repéré 27 carcasses d'éléphants dans les savanes de la Réserve de Wonga Wongué. Les braconniers ont tué des éléphants, puis utilisé des tronçonneuses pour extraire l'ivoire, laissant des tonnes de viande pourrir. Le personnel des parcs a estimé que plusieurs centaines de carcasses ont été cachées dans les forêts tropicales qui couvrent une grande partie de Wonga Wongué.

En juin 2011, il est évident que l'activité humaine avait augmenté de manière exponentielle dans le Parc national de Minkébé et sa zone tampon, à la suite de l'augmentation du prix de l'or et l'ivoire. Un camp d’orpaillage alluvionnaire était passé de 300 mineurs artisanaux à une population de 5000 personnes incluant mineurs, braconniers, trafiquants d’armes et de drogue, ainsi que des prostituées. A cet effet, les autorités des Parcs estiment entre 50 et 100 le nombre d’éléphants tués chaque jour.
Le Gabon a été obligé d'utiliser les forces de défense afin de renforcer les parcs pour faire face à ces incidents. En réagissant de manière décisive, le gouvernement était en mesure de gérer deux situations potentiellement catastrophiques et de rétablir l’état de droit.

En réponse à la pression croissante des bandes armées de braconniers et à un certain nombre d'incidents où le personnel des parcs a essuyé des tirs tout en essayant d'arrêter les braconniers, le Gouvernement gabonais a créé une unité spéciale de 250 hommes au sein de la Gendarmerie nationale, en mai 2012, en vue de renforcer les capacités de surveillance au sein de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux – ANPN.
Ce 27 juin 2012, le Président gabonais, Son Excellence Monsieur Ali Bongo Ondimba, allumera le bûcher composé du stock entier d'ivoire ainsi que d'autres articles saisis des mains de braconniers. Il s’agit d’un acte symbolique visant à souligner son engagement, ainsi que celui du gouvernement, à éradiquer la criminalité sur la faune, en particulier la contrebande d'ivoire.

Au cours des 20 dernières années, les forêts de la RDC ont perdu au moins 200 000 éléphants, et aujourd'hui la population totale n’est estimée qu’entre 2 000 et 10 000 individus. La population d'éléphants dans le nord du Congo, qui était la seule autre population forestière stable jusqu'à récemment, a diminué de 50% au cours des cinq dernières années(4). Aujourd'hui, il ne reste presque plus d’'ivoire en Côte-d'Ivoire.
Le Président Ali Bongo Ondimba a déclaré : "Les éléphants du Gabon sont en état de siège en raison d'un marché illégal international qui a entraîné la hausse du prix de l'ivoire dans la région jusqu'à 750% en seulement 12 mois. J'appelle la communauté internationale à nous rejoindre dans cette lutte. Si nous ne renversons pas vite cette tendance, les éléphants d'Afrique seront exterminés… Au Gabon, nous avons une tolérance zéro pour la criminalité de la faune."

Le Professeur Lee White CBE, Secrétaire Exécutif de l’ANPN, a déclaré : "La bataille pour la survie des éléphants de forêt d'Afrique est plus qu’évidente, c’est un indicateur véritable de la catastrophe dissimulée par la végétation dense des forêts. En deux décennies, nous avons perdu jusqu'à 80% des éléphants de forêt et les parcs d'aujourd'hui et le personnel de la faune à travers le continent sont engagés dans un combat mortel pour renverser la situation. L'éléphant est l'architecte de la forêt tropicale - le créateurs des pistes que tous les autres animaux utilisent par la suite. Les graines qu’il disperse assure la régénération de centaines d'arbres et de lianes. C’est encore l’éléphant qui crée les salines que les autres animaux fréquentent… Une forêt sans les éléphants est une forêt stérile, un espace sans décor. Le barrissement des éléphants résonne dans la forêt et fait vibrer la vie qui y règne."

Le Ministre des Eaux et Forêts, M. Gabriel Ntchango, a annoncé que "au cours des derniers mois, nous avons travaillé avec la CITES et TRAFFIC pour inventorier les stocks d'ivoire confisqués du Gabon et mettre en place un système de gestion efficace afin d’éviter les crises à l’avenir. Le Ministère gabonais chargé de la faune est déterminé à jouer son rôle dans la gestion des dizaines de milliers d'éléphants qui vivent dans les forêts du Gabon, hors des parcs nationaux".

Annonçant la signature d'un accord de coopération entre son agence et l'ANPN, qui octroiera deux millions de dollars de financement ainsi que le soutien technique pour aider à préserver les éléphants de forêt, le Dr Richard Ruggiero (5), Directeur du Service des Pêches et de la Faune des États-Unis, a déclaré que "le Président Bongo Ondimba, l’Agence des parcs et le Ministère des Eaux et Forêts du Gabon font preuve d'un véritable leadership dans la lutte contre la criminalité de la faune".

Notes :

(1) L'éléphant de forêt d'Afrique, Loxodonta cyclotis, est généralement considéré comme une espèce distincte. Il est plus petit que l’emblématique éléphant de savane, L. africana, avec de petites oreilles arrondies et des défenses pointant vers le bas (voir photo), très prisées par les sculpteurs d'ivoire asiatiques qui les considèrent comme de meilleure qualité que celle de l'éléphant de savane. Les éléphants de forêt jouent un rôle prépondérant dans l'écologie forestière, la dispersion des graines de centaines d'arbres de forêt tropicale et de lianes dont les fruits qu'ils consomment, jouant ainsi le rôle des architectes des forêts.

(2) A propos de l’ANPN, aller sur les sites suivants : www.parcsgabon.org and www.gabon-nature.com.

(3) Pour en savoir plus sur le sujet en RDC, contacter le Dr. John Hart, johnhartdrc@gmail.com.

(4) Pour plus de détails sur les enquêtes d'éléphants de forêt à travers l'Afrique : Dr. Fiona Maisels, fmaisels@wcs.org.

(5) Contacter Dr Richard Ruggiero à l’adresse suivante : Richard_Ruggiero@fws.gov.

mercredi 20 juin 2012

New York Forum AFRICA : pari réussi

(Afrik.com <http://Afrik.com> 18/06/2012)       


La première édition africaine du New York Forum, organisé par Richard Attias, s’est achevée le dimanche 10 juin 2012 à Libreville, après deux jours et demi d’intense activité. Une semaine après, il est temps de tirer un bilan : ce Forum a tourné une page dans l’histoire économique et politique de l’Afrique.

Il fallait laisser passer quelques jours pour tirer les leçons de ce Forum dont l’organisation parfaite et le caractère exceptionnel empêchaient sur le moment de saisir toute l’importance. Une semaine s’est écoulée depuis les conclusions du Forum, il est temps d’y revenir pour mieux comprendre ce qui s’est produit à Libreville, et pourquoi ce premier NYF AFRICA marque un tournant historique.

Sommet mondial : réussite totale

Premier point, majeur, essentiel : le Gabon a prouvé qu’il pouvait être l’hôte de manifestations économiques et diplomatiques d’importance mondiale : la Cité de la Démocratie n’avait rien à envier au bâtiment de verre de l’ONU à New-York : qualité des discussions, caractère mondial des panels, réunis au plus au niveau de responsabilité économique et politique, transparence des débats et facilité des prises de contact... Organisation remarquable, fluidité des échanges entre la presse internationale (représentée par ses fleurons, du Financial Times à TV5 Monde en passant par Euronews, France 24, RFI, CNN, CNBC, Telesud, VoxAfrica, etc) et les participants... Le professionnalisme et l’implication directe des équipes de Richard Attias ont fait merveille.

Le NYF AFRICA a inauguré une nouvelle relation de transparence totale dans la sphère économique entre intervenants des 5 continents. Les studios aménagés en marge du Forum fonctionnèrent en permanence, des centaines d’entretiens y furent réalisés, dans des conditions techniques parfaites. Il ne manquait ni un câble ni un branchement. La haute qualité technique de la prestation assurée ne laissait prise à aucune erreur ni à aucun défaut. D’où l’efficacité parfaite des équipes dépêchées sur place du monde entier.

Liberté des médias, absence de langue de bois

Transparence politique et économique, avec une constante, l’absence totale de langue de bois. Pas de retenue, pas d’hypocrisie, les intérêts de chacun portés clairement, sans fausse pudeur ni ambigüité, les vrais problèmes abordés de front, sans commisération ni complexe de supériorité ou d’infériorité. Les dirigeants africains et internationaux présents n’étaient pas là pour se faire voir, mais pour travailler ensemble et résoudre de manière pratique des cas concrets. Echanger les bonnes pratiques, inventer les solutions de demain, coordonner les investissements à réaliser, harmoniser les besoins du public avec les outils du privé, accélérer la conclusion d’accords ou de contrats. Est-ce parce que la crise mondiale rend plus urgente la recherche de solutions propres à l’Afrique ? Toujours est-il que, comme le soulignait d’emblée le Président de Maroc Telecom, la croissance est là et bien là en Afrique. Durable, forte, auto-entretenue, avec des perspectives de soutien endogènes.

Un modèle de développement INCLUSIF

Que manque-t-il à cette Afrique qui décolle et qui constitue aujourd’hui l’avenir économique du monde ? Seulement de mieux faire entendre sa voix, et de défendre ses propres couleurs sans fausse honte ni excès de modestie. Se faire connaître, inventer son modèle de développement et le défendre. Avec en tête cette vérité profonde qui assure aujourd’hui son décolage : le partage des richesses produites par la croissance doit être le plus large possible, pour que l’amélioration des conditions de vie des populations locales assure aussi le développement des marchés africains. L’Afrique entre aujourd’hui dans ses "trente glorieuses", les trente années de croissance rapide qui ont permis à l’Europe occidentale de se relever rapidement de la dernière guerre mondiale. Le succès des trente glorieuse fut bien sûr le fait de grands investissements structurels, et il en a été beaucoup question à Libreville. Mais il fut surtout le fait de l’expansion rapide des classes moyennes. C’est le pari d’une croissance "inclusive", selon l’expression d’Ali Bongo.

Coup de chapeau à Ali Bongo

Et dernière remarque, en forme de coup de chapeau. Ce n’est pas fréquent sous une plume de journaliste, et encore moins sur AFRIK.COM <http://AFRIK.COM> , dont l’indépendance est connue, reconnue, et permanente... Coup de chapeau à Ali Bongo, qui a fait avec le NYF AFRICA une triple démonstration sans faute : démonstration d’ouverture, il n’esquivait aucune question ; démonstration de compétence, il a suivi l’ensemble des débats, au plus haut niveau, virevoltant entre le français et l’anglais en prouvant sa parfaite compréhension des enjeux et des mesures à prendre ; démonstration d’indépendance enfin, c’est un Gabon décomplexé qui construit désormais son avenir, conscient des intérêts du peuple gabonais dans son entier et du contexte mondialisé dans lequel ils doivent être défendus. Chapeau, Mr President !

par Olivier Zegna-Rata 

Source :
http://www.afrik.com/article25945.html